Le désir sexuel, complexe!

By Elisabeth de Madre | Couple, relation amoureuse, sexualité conjugale | No Comments

Le désir

« Madame, je n’ai plus de désir pour mon mari » ou encore « J’ai commencé une relation avec une collègue, avec ma femme nous n’avions plus de désir » ces phrases entendues si souvent dans mon cabinet m’incitent à creuser avec vous le désir sexuel. Essayons d’y comprendre quelque chose !

Commençons aujourd’hui par quelques généralités qui vont nous aider à cerner le désir. Il est un formidable moteur pour toute vie humaine, il nous pousse à nous dépasser, à nous réaliser.

Pour une vie sexuelle épanouie, le désir est indispensable, sans désir, pas de plaisir ! Il vient de très loin dans notre histoire personnelle. Sa genèse remonte pour partie au désir et au plaisir vécus dans notre toute petite enfance. Des évènements ultérieurs ont pu modifier notre façon de le ressentir, de l’accueillir ainsi que la conscience même de son existence.

Le désir nait à travers nos cinq sens, le toucher, la vue, l’odorat, le gout et l’ouïe. C’est à travers eux que nous sommes connectés au monde et aux autres. Ils vont les premiers canaux du désir. La publicité utilise ces ficelles en nous faisant désirer ce que nous ne possédons pas.

Le désir s’exprime et de vit différemment chez l’homme et chez la femme, là réside la subtilité, la difficulté mais aussi la richesse de la vie conjugale. Nous creuserons ce domaine ultérieurement.

« Femme désirée, femme désirante », tel est le titre donné par D. Flamenbaum en 2006 à un livre sur le désir féminin, ouvrant ainsi la réflexion vers la réciprocité du désir. Le désir est interactif, il se tisse toujours entre deux personnes. Begbeder l’a disséqué à sa façon dans son livre « l’Amour dure 3 ans ». Le désir sexuel, comme tous les désirs a une durée de vie assez courte s’il n’est pas entretenu.

Le désir est aussi un mystère, pourquoi Antoine ressent du désir pour Lucie et non pour Laure alors qu’elles sont toutes les deux des belles femmes ? Quelle alchimie participe à la naissance du désir ? Certains parlent plus de la vue, d’autres de l’ouïe d’autres encore de l’odorat !

Nous n’avons pas à ce jour de réponse rationnelle !

http://www.psychologies.com/Moi/Moi-et-les-autres/Relationnel/Livres/Femme-desiree-femme-desirante

question de discipline

By Elisabeth de Madre | Non classé | No Comments

                                                     Question de discipline !

Vive la rentrée des classes pensent certains parents ! Fini de faire le gendarme de 7h du matin à 21h, entre les disputes sur le tas de sable ou dans la voiture et les remarques acidulées des grands parents.

Mais voici qu’arrivent le temps des levers matinaux, des devoirs du soir et la police à faire devant les écrans.

La discipline au quotidien est bien souvent envahissante et source de conflits dans la vie familiale.

Or, vivre la discipline sans drame est possible. Progressivement, en l’apprivoisant, vous allez découvrir qu’elle peut favoriser la communication et le respect dans la vie de tous.

Trois points me semblent intéressants pour vous aider dans cette démarche :

  • Que veut dire discipline ?

Le mot discipline vient du latin disciplina. Au Moyen Age il désignait surtout l’enseignement, l’apprentissage et les consignes. Aujourd’hui, le dictionnaire privilégie l’idée de soumission à un règlement. Dans le domaine de la connaissance la discipline est un sujet d’enseignement. De nos jours, la discipline est plutôt associée à des idées de punition, de sévérité et bien souvent de violences. Un patient me disait hier qu’il avait du mettre un verrou sur la porte de la chambre de Jonas, son petit garçon de 4 ans pour pouvoir le punir en l’enfermant seul dans sa chambre !

N’oublions pas que la racine du mot discipline est disciple, qui signifie étudiant, élève, celui qui reçoit un enseignement.

  • Quel objectif à la discipline ?

Revenons à Jonas : quand il frappe son papa, vers quoi se mobilise l’attention du papa ? Vers une sanction adaptée visant à aider son petit garçon à changer de comportement ? Je ne le pense pas. Ce monsieur a réagi en étant irrité et désemparé. Certes, la punition va probablement faire cesser le comportement inadapté, mais seul l’enseignement dispense des connaissances et des aptitudes pour toute la vie. L’objectif de la discipline est d’aider l’enfant à acquérir certaines aptitudes, des capacités qui l’aideront à faire des bons choix, à gérer ses désirs, ses émotions et à avoir des comportements adaptés.

  • Trois questions à se poser avant de réagir trop vite

Pourquoi mon enfant a t’il agi ainsi ?

Apres avoir respiré tranquillement, prenons la casquette de Sherlock Holmes ! Lorsque Jonas frappe son papa, quel est le besoin caché derrière cet acte? a t’il besoin de son attention ? C’est probable, mais l’acte pour l’obtenir n’est pas souhaitable ! A 4 ans, il n’est pas encore capable de bien gérer son impatience et sa colère.

Quelle est la meilleure leçon à lui transmettre ?

Dans la situation de Jonas, le message à lui enseigner est que frapper son Papa pour obtenir son attention n’est pas acceptable. Certes, le papa devra de son coté essayer d’être vigilant pour rester à l’écoute de son fils. En frappant son papa, Jonas obtient une sanction, il obtient l’attention de son père. Mais cette réponse ne va pas l’aider à établir des relations harmonieuses avec lui.

Comment lui faire comprendre ce message ?

 

Enfermer Jonas est une option. Une autre est de vous connecter à lui, et de reconnaître ses besoins « Tu as envie de jouer et tu es furieux que je bricole tout seul ? » Peu importe sa réponse, il se sait compris. Son papa peut lui dire  «  Je termine de réparer la lampe et je joue aux Kapla avec toi  avant le diner »

Prendre le temps de se poser ces 3 questions peut sembler idéaliste. Or, en la pratiquant avec mes enfants, je peux vous dire qu’au début, cette démarche semble laborieuse

 

 

Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, je vous conseille la lecture : « La discipline sans drame »

de Dan Siegel, et Tina Bryson, paru en avril 2016 , Edition les arènes.

Estime de soi et relation amoureuse

By Elisabeth de Madre | communication, Couple, estime de soi, relation amoureuse, sexualité conjugale | No Comments

 L’estime de soi joue un rôle essentiel dans la construction de la relation amoureuse  

Voici trois fonctions de l’estime de soi qui nous intéressent aujourd’hui:

– Estime de soi et stabilité émotionnelle 

En cas d’échec, la personne ayant une juste estime d’elle-même récupèrera plus facilement, c’est une  sorte de Protection contre l’adversité. Or il y a une part de risque dans la relation amoureuse! Dans le premier temps de la relation amoureuse,une part importante est donnée à la séduction. C’est pendant cette phase ou les amoureux sont les plus communicatifs et les plus attentifs l’un envers l’autre : ils ne se critiquent jamais, ils n’ont d’yeux que pour l’autre et sont prêts à suivre dans tous ses projets. C’est la phase que l’on voudrait faire durer toujours! Hélas, la passion… passe ! En fait, pendant la phase de passion, ils étaient amoureux des sensations de l’idée qu’ils se faisaient de l’autre personne et de ce qu’elle provoquait dans leur corps et leur tête. Ils ignoraient tous leurs petits défauts ; Ils ne voyaient et entendaient que ce qui faisait leur affaire. Ils avaient mis de côté tout ce qui pouvait émousser leur passion. L’anxiété et l’insécurité de la séduction et de la passion les forçaient à se montrer sous leur meilleur jour. Cela ne peut pas durer. La stabilité émotionnelle va prendre toute sa place en permettant un retour au réel en douceur: je ne me laisse pas déstabiliser par mon prince charmant ou ma princesse qui redevient Pierre, Paul ou Julie.

un couple se tient par la main

un couple se tient par la main

 –  Juste évaluation de ses besoins :  

L’investissement dans le travail, le choix des vacances, la place de la sexualité, des amis, des loisirs, de la religion, le désir d’avoir des enfants sont des sujets importants à évoquer dans la construction de la relation amoureuse. Or ces sujets sont souvent des lieux de conflits car nous n’avons pas les mêmes désirs, ni les mêmes besoins ! Bien se connaitre permettra de ne pas sous-évaluer ses besoins et de risquer de s’embarquer dans une relation qui ne nous permettra pas de nous épanouir

– Estime de soi et capacité à s’engager dans une relation amoureuse : 

les sujets à haute estime de soi prennent plus facilement la décision d’agir et persévèrent dans les obstacles, ceux ayant une basse estime de soi s’engagent avec plus de prudence et de réticences dans l’action. Ils ont tendance à la procrastination et renoncent plus facilement. Décider en conscience de poursuivre ou non une relation amoureuse et de s’y engager est un moment important de la vie.

 

 

 

Sexualité conjugale

By Elisabeth de Madre | communication, Couple, sexualité conjugale | No Comments

La sexualité  est complexe,  la communication, la parole  et la tendresse y tiennent un rôle important  :

Dans le désir et le plaisir : Chez la femme, le désir et le plaisir ne se voient pas, ils se disent, ils se parlent ! Ce qui peut entrainer une tentation de simuler. Le film « Quand Harry rencontre Sally » avec Meg Ryan met en scène une femme qui simule un orgasme dans un restaurant.
La femme ayant pris l’habitude d’écouter son corps, ses ressentis, va pouvoir guider l’homme, lui dire ce qui lui fait du bien, ou ne lui fait rien. Ainsi, elle va pouvoir aider l’homme à se donner. En retour, la femme fera de même pour l’homme. L’homme a beaucoup de joie à donner du plaisir à sa femme. Si elle ne dit rien, ne manifeste pas grand chose, voire reste passive, la rencontre sexuelle perd de son d’intérêt pour lui. Cet échange sur le ressentit corporel et cette liberté de parole sont essentiels pour une sexualité conjugale heureuse.

– L’homme dit « je t’aime » après l’amour, la femme à besoin d’entendre « je t’aime » pour faire l’amour. La femme ou l’épouse aura d’abord besoin de ressentir de la tendresse avant l’acte conjugal. Elle a besoin de sentir de l’intérêt pour sa personne et pas seulement du désir sexuel pour son corps.

La tendresse : Une de mes patientes me disait mon mari ne comprends pas que j’ai besoin de  » tendresse verticale  » avant d’avoir une relation sexuelle! Les petits gestes tendres de la journée, un sms, sont indispensables pour préparer son coeur et son corps à se retrouver le soir.

Petits conseils pour une sexualité conjugale heureuse:

  •  Le désir peut s’organiser, se planifier comme on planifie des vacances. Ainsi, il aura le temps de grandir. Une union du  soir   se prépare dès le matin.
  • Le temps ne devrait pas éroder le désir mais au contraire, la communion des époux devrait grandir avec la qualité de leur communication. Pour cela il est indispensable de soigner son couple, de prendre du temps pour lui. A titre de repère, une semaine par an en couple, sans enfants est important pour se retrouver.
  • Evaluer régulièrement si les besoins de chacun sont respectés : tendresse, sexualité, repos, distraction
  • Les conjoints n’ayant pas pris l’habitude de s’écouter, de dire leur ressenti sans agressivité, le besoin qui est derrière et de formuler une demande, peuvent suivre une formation à la communication non violente (CNV).

Je souffre d’une fausse couche : que faire ?

By Elisabeth de Madre | deuil d'un bébé, Famille, fausse couche, Non classé, Stress | No Comments

Souffrir d’une fausse couche n’est pas anormal.

Cet événement douloureux a transformé votre vie,  elle ne peut pas reprendre comme si rien ne s’était passé. La fausse couche étant comme « un non-événement ».  Un travail de deuil est important à faire. Parfois le travail de deuil est bloqué car il est soit trop douloureux, soit bloqué par un deuil  précédent non fait. Heureusement, rien est fermé définitivement. Il sera peut être possible à faire dans les mois à venir à l’occasion d’un événement ou d’une rencontre le permettant.

Aujourd’hui, vous vous dites, je suis au fond du trou, je pleure pour un rien, je tourne en rond dans mes pensées, je ne vais pas m’en sortir! Mon conjoint ne me comprends pas, il s’inquiète. j’ai l’impression que pour lui, c’est du passé, il ne pense qu’a l’avenir et à notre prochain bébé.

Ceci est normal! Il ne vit pas le deuil de la même façon que vous et heureusement! sinon vous seriez tous les deux au fond du trou en même temps.

Vos larmes et votre fragilité émotionnelle indiquent que vous êtes en plein travail de deuil.

Qu’est ce que ce travail de deuil dont parlent les psys ?

c’est une expression créée par Sigmund Freud dans l’article Deuil et mélancolie en 1917. L’objectif de ce travail est d’accepter progressivement la réalité de la perte du bébé attendu, pour se reconstruire et progressivement accepter que la vie continue sans sa présence.

Il ne s’agit pas d’oublier. Comme dit Jeanine Pillot  » C’est remplacer la perte par une présence intérieure« .

Cette présence intérieure, ce changement intérieur lorsque le travail de deuil est avancé peut même être source d’une plus grande connaissance de soi, plus d’empathie envers ceux qui souffrent.

Si vous vous sentez bloquée, n’hésitez pas à vous faire accompagner, seule ou avec votre conjoint.

Le réseau de santé périnatal de Paris dont je fais partie propose des professionnels pouvant vous accompagner.